Attristé

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 La visite commence de manière légère et triviale, tout en évoquant avec une amie la forme d’une bottine (L’attente, Jean Béraud), une voilette mouchetée (Femme aux Champs-Elysées la nuit, Louis Anquetin) ou le détail brodé d’une robe rose pâle (La prune, Edouard Manet).

Puis au fur et à mesure de l’exposition, au détour d’une alcôve interdite aux moins de 18 ans où je n’aurai pas dû entrer -là où la joyeuse curiosité devient vulgaire voyeurisme- je perds de vue l’amie.
J’avance seule dans la foule qui se presse, qui m’oppresse.
Leurs visages m’entourent, laids et grossiers, tels les personnages de Toulouse-Lautrec (Femme tirant son bas, Ces dames au réfectoire), leurs rires impudiques ; et si moi aussi, en regardant ces images, je devenais complice de cette exploitation humaine ?
J’essaie de me raccrocher au détail d’un bijou, au raffinement d’une étoffe qui me souffle qu’une courtisane est mieux lotie qu’une prostituée. Luxe, raffinement, Art.

En vain.
Je me hâte, le cœur lourd.

Exposition. Splendeurs et misères. Images de la prostitution, 1850-1910, Musée d’Orsay jusqu’au 17 janvier 2016.

État d’esprit : Attristé
Action : S’engager auprès du Mouvement du Nid
Vérité : « On dit que l’esclavage a disparu de la civilisation européenne. C’est une erreur. Il existe toujours, mais il ne pèse plus que sur la femme et il s’appelle prostitution. » Victor Hugo, Les Misérables, 1862
Émotif anonyme : Coco Chanel
Association d’idée : La Dame aux Camélias, Alexandre Dumas

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